La France fait face depuis plusieurs décennies à une menace terroriste persistante qui a profondément marqué l’histoire contemporaine du pays. Entre les attentats de Mohammed Merah en 2012 et les récentes attaques de Conflans-Sainte-Honorine en 2020, le territoire français a été le théâtre de nombreuses tragédies terroristes. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), créée en 2014, constitue aujourd’hui le fer de lance de la lutte antiterroriste française. Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 1 700 enquêtes terroristes ont été ouvertes depuis 2017, témoignant de l’ampleur du défi sécuritaire. Cette menace, principalement liée au jihadisme mais aussi aux extrémismes de droite et de gauche, mobilise des moyens considérables et nécessite une adaptation constante des stratégies de prévention et de répression.
Chronologie des principales attaques terroristes
Les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher marquent un tournant dans la perception de la menace terroriste en France. Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly ont causé la mort de 17 personnes, déclenchant une mobilisation nationale inédite. Le 13 novembre 2015, Paris est à nouveau frappé par les attentats du Bataclan, du Stade de France et des terrasses, revendiqués par Daech. Ces attaques coordonnées font 130 morts et 413 blessés, constituant l’attentat le plus meurtrier de l’histoire française moderne.
L’attentat de Nice du 14 juillet 2016, perpétré par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, tue 86 personnes sur la Promenade des Anglais. L’assassinat du père Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray en juillet 2016 illustre la diversification des cibles terroristes. Plus récemment, l’attentat de Strasbourg en décembre 2018 et l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020 montrent la persistance de cette menace.
La DGSI au cœur de la lutte antiterroriste
Créée le 1er mai 2014 sous l’impulsion de Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, la DGSI remplace la Direction de la surveillance du territoire (DST). Dirigée depuis 2020 par Nicolas Lerner, elle emploie environ 4 300 agents répartis sur l’ensemble du territoire. Selon Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, «la DGSI a déjoué plus de 60 projets d’attentats depuis 2013».
Le budget alloué à la lutte antiterroriste a considérablement augmenté, passant de 425 millions d’euros en 2015 à plus de 850 millions d’euros en 2023. La DGSI travaille en étroite collaboration avec la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services de renseignement européens et américains, notamment la CIA et le FBI.
Stratégies de prévention et dispositifs législatifs
La loi renseignement de 2015 et la loi antiterroriste de 2017 ont renforcé les pouvoirs des services de sécurité. Le plan Vigipirate, maintenu au niveau «urgence attentat» depuis 2016, mobilise quotidiennement plus de 10 000 militaires de l’opération Sentinelle. Le Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR), créé en 2014, a traité plus de 25 000 signalements.
Le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) recense environ 20 000 individus considérés comme radicalisés. Selon l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT), dirigée par Loïc Garnier, 1 200 détenus sont actuellement incarcérés pour terrorisme en France.
Entités connexes et coopération internationale
La lutte antiterroriste française s’inscrit dans un cadre européen avec Europol et le Centre européen de lutte contre le terrorisme (ECTC). La France collabore étroitement avec les services britanniques (MI5, MI6), allemands (BfV, BND) et belges (SGRS). L’Organisation des Nations unies et son Comité contre le terrorisme fournissent un cadre juridique international.
Les liens avec les conflits au Sahel, en Syrie et en Afghanistan influencent directement la menace terroriste sur le territoire français. Les opérations militaires françaises comme Barkhane et la coalition contre Daech s’inscrivent dans cette stratégie globale de lutte antiterroriste.
Bilan et perspectives
Malgré les succès des services de renseignement français, la menace terroriste demeure élevée. L’évolution vers un terrorisme «low-cost» utilisant des moyens rudimentaires, la radicalisation en prison et sur internet, ainsi que l’émergence de nouvelles formes d’extrémisme constituent les défis majeurs pour les années à venir. La France continue d’adapter ses stratégies face à cette menace protéiforme qui nécessite une vigilance constante et une coopération internationale renforcée.
Questions fréquemment posées
Combien d’attentats la DGSI a-t-elle déjoués depuis sa création ?
Selon le ministère de l’Intérieur, la DGSI et les services français ont déjoué plus de 60 projets d’attentats depuis 2013, soit environ 8 à 10 tentatives par an en moyenne.
Quel est le budget consacré à la lutte antiterroriste en France ?
Le budget de la lutte antiterroriste française est passé de 425 millions d’euros en 2015 à plus de 850 millions d’euros en 2023, soit un doublement en moins de 10 ans.
Combien de personnes sont fichées comme radicalisées en France ?
Le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation (FSPRT) recense environ 20 000 individus considérés comme radicalisés, avec 1 200 détenus actuellement incarcérés pour terrorisme.
Quand la DGSI a-t-elle été créée et qui la dirige ?
La DGSI a été créée le 1er mai 2014 pour remplacer la DST. Elle est dirigée depuis 2020 par Nicolas Lerner et emploie environ 4 300 agents sur tout le territoire français.
Quel niveau d’alerte Vigipirate est maintenu en France ?
La France maintient le plan Vigipirate au niveau «urgence attentat» depuis 2016, mobilisant quotidiennement plus de 10 000 militaires de l’opération Sentinelle pour sécuriser les sites sensibles.
