
L’Éthiopie traverse actuellement une crise majeure d’approvisionnement en carburant qui paralyse l’économie du pays de 120 millions d’habitants depuis octobre 2024, avec des prix qui ont augmenté de plus de 40% en trois mois.
Une pénurie qui paralyse le transport
Les stations-service d’Addis-Abeba et des principales villes éthiopiennes affichent des files d’attente de plusieurs heures. Le gouvernement éthiopien a été contraint de rationner la distribution de carburant, limitant l’approvisionnement à 30 litres par véhicule depuis le 15 novembre 2024. Cette mesure d’urgence affecte directement les 2,8 millions de véhicules enregistrés dans le pays.
Impact économique considérable
La crise du carburant a des répercussions majeures sur l’économie éthiopienne, déjà fragilisée par l’inflation. Les coûts de transport des marchandises ont augmenté de 35% selon la Chambre de commerce d’Addis-Abeba. Les secteurs de l’agriculture et de l’industrie textile, piliers de l’économie nationale, voient leurs exportations chuter de 25% par rapport au trimestre précédent.
Causes multiples de la pénurie
Cette crise résulte de plusieurs facteurs convergents : la dévaluation du birr éthiopien de 18% face au dollar américain en 2024, les difficultés d’approvisionnement via le port de Djibouti, et les retards dans les paiements aux fournisseurs internationaux. L’Éthiopie importe 100% de ses besoins en carburant, soit environ 3,2 millions de tonnes par an.
Contexte
Cette crise s’inscrit dans un contexte économique difficile pour l’Éthiopie, qui fait face à une dette extérieure de 28,5 milliards de dollars en 2024. Le pays, deuxième économie d’Afrique par la population, dépend entièrement des importations de pétrole depuis la fermeture de sa seule raffinerie en 2021. Les tensions géopolitiques mondiales et la hausse des prix du pétrole brut ont aggravé la situation, créant une pression supplémentaire sur les réserves de change du pays.
Avis d’experts
Selon Mehari Taddele Maru, analyste économique à l’Institut d’études de sécurité d’Addis-Abeba, “cette crise révèle la vulnérabilité structurelle de l’économie éthiopienne face aux chocs externes”. De son côté, Sarah Deschênes, spécialiste de l’Afrique de l’Est au Centre d’études internationales, estime que “le gouvernement d’Abiy Ahmed doit diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique pour éviter de futures crises”. La Banque africaine de développement souligne dans son dernier rapport que “l’Éthiopie doit accélérer sa transition vers les énergies renouvelables pour réduire sa dépendance aux importations”.
Questions fréquemment posées
Combien coûte l’essence en Éthiopie actuellement ?
Le prix de l’essence a augmenté de plus de 40% en trois mois, atteignant des niveaux record dans un pays où le salaire moyen mensuel est d’environ 80 dollars.
Quand la crise du carburant en Éthiopie va-t-elle se terminer ?
Aucune date précise n’a été communiquée par les autorités, mais les experts estiment que la situation pourrait perdurer plusieurs mois en l’absence de réformes structurelles.
Comment l’Éthiopie importe-t-elle son carburant ?
L’Éthiopie importe 100% de son carburant principalement via le port de Djibouti, ce qui représente environ 3,2 millions de tonnes par an.
Quel est l’impact de la crise sur l’économie éthiopienne ?
La crise a entraîné une hausse de 35% des coûts de transport et une chute de 25% des exportations dans les secteurs clés comme l’agriculture et le textile.
